
©Kalifa
Dans son atelier Dakarois, la marque Kalifa donne vie à un design engagé. À la tête de cette marque écoresponsable, Saran Keita imagine des objets uniques, fusionnant artisanat et durabilité. Lampes, abat-jour, vases, bols, miroirs en papier mâché et boîtes de rangement en tôle recyclée… Des créations aussi esthétiques que respectueuses de l’environnement.
Un héritage artistique, une vision engagée
Fille d’un artiste plasticien, Saran Keita grandit dans un univers où l’art est omniprésent. Après des études au Sénégal, puis un master en communication digitale en France, elle revient à Dakar avec une envie : se reconnecter à son héritage tout en construisant un projet qui a du sens. D’abord attirée par la céramique, elle se heurte aux contraintes techniques : le coût des équipements et la nécessité d’un four.
“Je cherchais une alternative plus accessible et plus respectueuse de l’environnement », raconte-t-elle. C’est ainsi qu’elle découvre le papier mâché, une matière sous-exploitée mais pleine de potentiel.
« Le papier mâché m’a tout de suite fascinée. On trouve du papier partout : journaux, magazines, cartons… Autant de ressources qui, plutôt que d’être jetées, peuvent être transformées en objets de décoration. On peut travailler le papier mâché comme une sculpture, il est léger, solide et permet une créativité sans limite. »

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Créer avec l’existant : une démarche écoresponsable
Chez Kalifa, rien ne se perd, tout se transforme. Chaque création contient au moins un élément recyclé. L’upcycling est au cœur du processus, donnant une seconde vie aux matériaux tout en limitant l’impact environnemental. Le papier mâché devient une matière première précieuse. Saran le prépare à la main, dans son atelier.

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« Je laisse tremper le papier, puis je le réduis en pâte avec un pilon de mortier africain. Ensuite, je mélange cette matière avec ma propre formule de colle naturelle. C’est un peu comme une recette de cuisine : je teste, j’expérimente, jusqu’à obtenir la bonne consistance. » Pièce après pièce, elle façonne ses créations avec patience, laissant le temps faire son œuvre. Certaines lampes nécessitent jusqu’à dix jours de travail, car chaque couche doit sécher avant d’ajouter la suivante.

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Des objets uniques, façonnés à la main
Chaque objet signé Kalifa est une pièce unique. « Aucune création ne se ressemble, car tout est fait à la main. C’est un processus qui vit, qui évolue au gré de la matière et de l’inspiration. » Sa lampe phare, « L’Impertinente », illustre parfaitement cet esprit. Composée de rouleaux de papier mâché superposés, elle prend forme au fil des jours, comme une sculpture en perpétuelle transformation. « Quand quelqu’un achète une pièce Kalifa, il achète une histoire, une part du processus, un objet qu’il ne retrouvera nulle part ailleurs. »

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Un hommage à l’héritage et à la transmission
Le nom Kalifa n’a pas été choisi au hasard. En mandingue, il signifie héritage, un écho à ses racines. « C’est une manière de rendre hommage à mes origines et de célébrer mon nom de famille, Keita », confie-t-elle. Pour elle, créer, c’est transmettre. « Je veux proposer des objets qui aient une âme, qui puissent traverser le temps et les générations. » Dans cette quête de sens, elle refuse de créer pour créer. « Chaque pièce doit être utile, avoir une place dans le quotidien. Mon but, c’est d’imaginer un design qui s’intègre dans tous les intérieurs, tout en portant un message fort. » Avec Kalifa, Saran inscrit un savoir-faire dans une démarche durable, éthique et profondément ancrée dans l’histoire du continent.

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